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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

perfection

« Avant le satori, dit-on au Japon, les montagnes sont les montagnes et les rivières sont les rivières. Pendant le satori, ce n’est plus le cas mais après, ayant le satori derrière soi, on revient en quelque sorte au départ: les montagnes sont à nouveau montagnes et les rivières, rivières. »

Revenir au départ? Pas sûr. Comme le fou, l’éveillé entendrait un autre tic tac*. Et s’il se doit d’être à l’heure, ce ne serait que parce que le Japon est ponctuel. En réalité, il vivrait un autre temps, et ses montagnes et rivières ne seraient pas celles des autres, chose que lui seul saurait, alors que les autres verraient en cela le signe d’un éveil imparfait.

Ces montagnes et ces rivières, et ce temps autre, suspendu peut-être, pourquoi ne cacheraient-ils rien, comme le pensent ceux qui érigent la normalité en sagesse ultime**? Simple question qu’il faudrait pouvoir envisager à l’abri de toute influence culturelle.

 

 

 

 

*: « Le fou entend un autre tic-tac. » dans Face aux verrous, Henri Michaux, Gallimard, 1967, p.65.

**: Selon l’Orient, l’éveillé est celui qui totalement accompli peut passer totalement inaperçu. Mais pourrait-il en être autrement de cette définition dans une région du monde où l’on peut dire: « […], car la suprême beauté d’une civilisation affinée, c’est une attentive inculture du moi. » ? (Ces beaux mots viennent de Ling, le Chinois vivant à Paris, selon Malraux dans La Tentation de l’Occident, Livre de poche, p. 80.)

P.S.: Dans le billet du 3 mai 2008 il était question de flâneries dans l’hindouisme et le bouddhisme.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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