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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

confirmations

Comme vous le savez ce blog est constitué de considérations le plus souvent inactuelles, et c’est pourquoi le relire ne donne jamais en bouche un goût de gâté. Quant à moi, lorsque l’envie me prend de m’y replonger, je fais confiance au hasard (toujours un ami, le hasard) pour me relire mais parfois aussi j’y recherche* des idées déjà émises, idées que j’aimerais revoir et éventuellement compléter ou recadrer, suite à une fulgurance plus récente ou encore à de nouvelles lectures. Ce fut le cas récemment, alors que je relisais Michaux et Nabokov et que je dévorais le délicieux ouvrage de Denis Grozdanovitch L’art difficile de ne presque rien faire.

Après quelques recherches* sur le blog je retrouvai un billet (voir ce billet ici) où je me souvenais avoir réuni le Bouddha, le Christ et le prêcheur islamiste pour montrer que tout le monde n’est pas au même « niveau » et que le silence, souvent, est d’or, ce que le premier suggérait par son mutisme souriant, le second par une métaphore bien sentie et le troisième par un judicieux conseil en quelque sorte.

Et voilà que le confirmaient (sans que je l'eusse cherché) mes toutes récentes relectures et lectures. Jugez plutôt:

Pour le mutisme:

 « Un ermite tch’an avait coutume de dire qu’en refusant d’enseigner à certains il leur enseignait quand même quelque chose d’essentiel. Le philosophe Emerson, pour sa part, répondit à des contemporains goguenards qui l’interrogeaient  sur ce que les livres de philosophie avaient bien pu lui enseigner: « Ils m’ont avant tout appris à me taire en présence de gens de votre sorte. » »

(Denis Grozdanovitch, L’art difficile de ne presque rien faire, Folio,  Denoël 2009, p. 167)

Pour la métaphore:

« Celui qui parle de lion à un passereau s’entend répondre : tchipp. »

(Henri Michaux, Face aux verrous, Gallimard, 1967, p. 40.)

Pour le conseil:

Question posée à Nabokov à la Radio Suisse, vraisemblablement en 1972: - Ce mélange d’irréalité et d’illusion a peut-être amené certains à vous considérer comme un mystificateur et à juger vos écrits comme des recueils de devinettes. Que répondrez-vous à ceux qui disent que vous êtes tout simplement obscur?

Réponse: - De s’en tenir aux mots croisés de leur journal du dimanche.

(Vladimir Nabokov, Intransigeances, Julliard, Paris, 1973, p. 199)

On voit donc que même bien après le Bouddha et le Christ, le silence a encore été conseillé par les plus grands.

(Et quant au fait qu’il soit d’or, les yogis le savent depuis les temps immémoriaux, faut-il le rappeler, encore qu’eux considèrent que les pensées intempestives font autant de bruit que les propos inutiles et que c’est d’abord d’elles qu’il faut se garder.)

 

 

 

 

*: Pour ce faire le moteur de recherche proposé par le blog (dans la colonne de gauche: recherche (mot-clé)) est un enchantement.  S’il y a une bonne raison de consigner ses pensées sur un blog c’est bien pour ce genre de facilité d’archivage.

P.S.: Dans le billet du 18 mai 2011 il était question d’harmonie.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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