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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

apaisement

Si l’optimiste est bien informé sur l’état de cette planète pillée par l’homme, c’est soit un dangereux insouciant, soit quelqu’un de très malheureux de se sentir optimiste dans ce monde qui souffre.

Si le pessimiste est bien informé, son pessimisme est alors roboratif. Non seulement nulle lucidité ne conduit à la détestation de soi, mais de plus son acuité de jugement est le seul bon point de départ de toute action réparatrice, pour peu qu’il reste à ce pessimiste quelque espoir. De plus il lui est loisible de substituer parfois à la perception du malheur dû à la bêtise et la méchanceté des hommes (nous dirons que ce malheur est conjoncturel) celle d’un autre type malheur, structurel celui-là et plus préoccupant encore, spécifique à la vie même, vie dont le Bouddha le premier avait découvert qu’elle est souffrance. Ce malheur-là est bien sûr totalement insurmontable* et c’est pourquoi le pessimiste opère cette sorte de substitution, se disant qu’à l’impossible nul n’est tenu, ce qui est quelque peu consolant.

 

 

 

 

*: « Ne pas naître est sans contredit la meilleure formule qui soit. Elle n'est malheureusement à la portée de personne. »

(De l'inconvénient d'être né, Cioran, Folio essai, p. 243)

P.S. : Dans le billet du 6 mai 2009 il était question d'expérience.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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