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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

hypothèses

Certains disent ne pas croire en dieu. Parmi eux, un certain nombre le pense profondément mais d’autres adoptent cette opinion par confort plus que par conviction: la question de l’existence de dieu en réalité ne les intéresse pas, peut-être parce qu’ils ont d’autres chats à fouetter dans une existence qui les submerge et qui ne leur consent plus le temps de penser. La question est expédiée.

Parfois aussi l’indifférence pour cette question pourtant cruciale est la conséquence d’une réflexion préalable importante. Ceux qui l’ont menée se sont d’abord dit que si jamais un dieu existait il ne pourrait d’évidence être bon - terrible perspective -, étant donné la souffrance que toute incarnation génère, ou alors que s’il était bon, il n’aurait pas le pouvoir de faire usage de sa bienveillance, mais c’est là impossible par définition du concept de dieu. Et ils concluent alors que tout cela est trop triste, avant de se désintéresser de la chose. On les comprend.

Pour le sceptique, c’est différent. Bien que très intéressé, il ne peut décider si dieu existe ou non. Ce serait sombrer dans la croyance (toujours infondée, selon lui). Et choisir serait choisir ce qui l'arrange le meiux. Le sceptique n’est pas adepte de la facilité et il est courageux (voyez Pyrrhon, Montaigne, Russell, Cioran). Et il lui arrive même de penser que dieu l’admirerait (s’il existait), pour être aussi froidement lucide, voire irrévérencieux. Mais à bien y réfléchir, toutes les hypothèses sur dieu lui paraissent invraisemblables. Et cette réflexion l’amène alors à conclure que le cerveau humain n’est peut-être tout simplement pas équipé pour aborder une aussi vertigineuse perspective. De plus, sa méditation sur la chose, à force de concentration soutenue, pourrait même le faire lâcher prise, et dans un saut quantique de la conscience, le conduire au silence de la pensée, silence dont rien ne peut être dit, sauf peut-être qu’il pourrait se transmuer jusqu’à se confondre avec ce « dieu », trouvé lorsqu’on ne le cherche plus, et débaptisé.

 

 

 

 

P.S.: Dans le billet du 24 février 2013 il était question de déshabillage.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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