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MEDITER faute de mieux

FULGURANCES D’APRÈS SILENCE

intervalle

2/2

Compte tenu des deux assertions en italiques du billet précédent (intervalle 1/2), comment considérer la relation entre la méditation et l’éveil?

Peut-être comme ceci: La méditation est cette pratique utile pour atteindre l’éveil (« sans effort, pas d’éveil », disait Rajneesh) mais qui se doit d’être totalement désintéressée (sinon c’est une entrave à l’expérience mystique, disait Bologne) au point que lorsqu’advient l’éveil, l’éveillé ne puisse en rien se dire* que la méditation l’y a conduit. Ce qui est faux**, mais il ne le saura jamais.

*: Ni le dire aux autres: car ce serait là une vantardise qui provoquera le désir de suivre la même voie pour atteindre l’éveil et qui donc le rendra inaccessible.

**: Pas nécessairement dans tous les cas, cela dit, car l’éveil pourrait sans doute advenir à la suite d’une autre rupture (consciente et inconsciente) que celle d’un effort inconscient de méditant pour l’atteindre

P.S. : Le billet du 15 janvier 2011 reconsidérait les concepts hindous d’illusion et de réalité à la lumière de notre monde saturé d’écrans: interposition.

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À propos

Marc

Photographe, écrivain, sophrologue et enseignant de raja yoga, j’ai bourlingué des années en Asie et vécu longtemps dans des ashrams indiens. Lecteur de toutes les philosophies et amoureux de tous les silences, je vous livre ici mes fulgurances d’après silence.
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Frédéric 16/01/2014 14:09

Il peut advenir un moment où "s'asseoir" est aussi naturel et nécessaire que respirer, sans se poser la question du pour quoi, du but. On ne respire par pour vivre, parce qu'on vit on respire. On pourrait dire la même chose de la méditation : on ne médite pas pour l'éveil, mais parce que nous avons en nous cette nature éveillée, nous méditons.

marc Delforge 22/01/2014 12:54

Merci pour ce dialogue finement introduit et conclu. J'en retiens à jamais:
"[...] mais parce que nous avons en nous cette nature éveillée, nous méditons."
Avec toute mon amitié, cher Frédéric,
Marc

Frédéric 20/01/2014 18:14

La méditation me semble une voie de bienveillance vis à vis de soi-même qui permet d'être dans cette présence, que j'appellerai "nature éveillée". Mais, même si celle ci me semble une voie "royale" ;o) il y en a bien d'autres, car l'important n'est pas d'être éveillé, mais d'avoir une activité éveillée qui manifeste cette Vie en nous. Or cela peut se réaliser dans toute activité, et peut être même en tapant sur un clavier ;o).

En effet de promettre un état futur (paradis, éveil ou autre) fait en effet le pouvoir de ceux qui font partie d'institutions religieuses. C'est bien un des pbs du karma d'ailleurs tel qu'il est souvent intégré : soumission plus qu'acceptation, à ce qui est et tout pouvoir à ceux qui sont décrétés déjà éveillés (ou qui ont un titre de prêtrise quelconque).

chaleureusement

marc Delforge 20/01/2014 17:20

Tu sembles dire que nous avons cette nature éveillée et que c’est pour cela que nous méditons. S’il semble acquis que nous ne pouvons atteindre cette nature éveillée par la méditation (« Nous ne pouvons d’aucune façon fabriquer à partir d’un état servile un moment souverain: la souveraineté ne peut être acquise », disait Georges Bataille dans l’Expérience intérieure), la question pour beaucoup reste de savoir si nous avons d’ores et déjà cette nature éveillée.
Hui-neng pensait que oui: il répondit à Shen-hsiu que lui ne pensait pas qu’il y avait ni arbre-Bodhi, ni miroir lumineux semblable au mental et que puisque tout est vide, il n’y avait pas de poussière à éliminer sur un soi-disant miroir. Il se plaçait dans la même position que Raman Maharshi qui disait que « pour le pur tout est pur ».
Le fait que cela ne soit pas évident pour tout le monde pose, à mon humble avis, le problème le plus important de la philosophie: beaucoup d’humains se pensent (même inconsciemment) non-éveillés et donc rêvent (même sans le savoir) de le devenir, ce qui bien entendu les éloignent d’autant du soulagement suprême. Pourquoi?
En plus, cette tragédie tellement répandue fait le malheur de l’homme, les affaires des religieux et nous font douter sur le moralité du créateur, si créateur y a.