méditations

On parle beaucoup de méditation. Mais la pratique-t-on pour autant?

Et puis que faut-il entendre par méditer? Est-ce seulement réfléchir? Ou faut-il aller voir aussi ce qu’en dit l’Orient? S’agissant alors d’une assise apprêtée, doit-on en escompter des bénéfices? Ou est-ce quand même, comme certains le pensent, l’activité désintéressée par excellence?

Plus généralement, est-ce une forme de relaxation? D’auto-hypnose? D’auto-thérapie? Voire de prière? Est-ce une entreprise de déconditionnement? Une revanche sur le temps qui file? Une façon de réaliser que nous désirons avant tout la paix de l’esprit?

S’agit-il, en méditant, de vaincre la souffrance névrotique ou la souffrance existentielle ou les deux?

Est-ce le « moyen » de découvrir que le silence est moins une absence de bruits qu’une absence de pensées? Ou celui de revenir à cette âme que nous sommes en train de perdre à force de nous détourner de nous-mêmes, divertis que nous sommes par un monde de plus en plus tentateur, sollicitant, intrusif?

Ces questions sont abordées ici au compte-gouttes (formule blog oblige), à raison d’une fulgurance par jour, dans un esprit non conditionnant. Et les textes sont concis. Ca tombe bien, vous êtes pressé(e) !

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Vendredi 12 octobre 2007

Il y a au moins dix-huit siècles, Patanjali dans ses Yoga sutra considérait qu’aparigraha (littéralement : la non-convoitise) était une des conditions sine qua non de la bonne pratique du yoga. Pour leur propre bien, il enseignait à ses disciples de ne pas accepter plus que ce qui était nécessaire à leur subsistance…

Le 16 septembre de cette année, le regretté André Gorz rendait public un texte* dans lequel il disait notamment:
« Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous production est la voie royale de la sortie du marché. Elle nous permet de nous demander de quoi nous avons réellement besoin, en quantité et en qualité, et de redéfinir par concertation, compte tenu de l’environnement et des ressources à ménager, la norme du suffisant que l’économie de marché a tout fait pour abolir. L’autoréduction de la consommation, son autolimitation - le self-restraint - et la possibilité de recouvrer le pouvoir sur notre façon de vivre passent par là. »


Patanjali ne l’avait-il pas déjà définie à la perfection, cette "norme du suffisant" évoquée par Gorz? Rien de neuf sous le soleil donc et je fais pour la ixième fois cette constatation en espérant que le jury du Nobel de la paix va enfoncer encore un peu plus le clou de l'écologie dans quelques heures en couronnant enfin l'un ou l'autre nouvel apôtre du "self-restraint ". Maintenant il y a urgence…




*: Ce texte m'a été communiqué par Céleste que je remercie.

par Marc publié dans : actualité
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Jeudi 11 octobre 2007
Penser et n'en être pas conscient est loin d'être la même chose que penser et en être conscient après coup. Cet intervalle entre pensée et prise de conscience peut par ailleurs se « travailler » dans la méditation jusqu'à en arriver à ce que les deux soient simultanées: je pense et je pense que je pense, j'observe que je pense quasi simultanément à ma pensée première, jusqu'à arriver à penser que je pense que je pense telle chose, puis (pour ainsi dire) à penser que je pense que je pense que je pense telle chose. Là, l'esprit se fatigue; il se forme comme un blanc; il n’y a plus de pensée, plus de conscience de penser. Il s’agit de pure perception, pour ne pas dire de perception pure. « Je » ne suis plus (dans) le passé. « Je » suis présent.
Le présent serait l'absence de pensée. La pensée serait le passé, le futur et le présent temporel, c’est-à-dire celui qui se définit par rapport au passé et au futur.
La pensée serait le passé. Le présent serait impensable.
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 10 octobre 2007

La simultanéité de la pensée et de sa perception serait-elle réservée aux plus grandes réalisations de l’esprit? La plupart d’entre nous ne parleraient-ils du présent que pour évoquer quelque chose qu'ils n'ont jamais connu? Le présent serait-il le mythe de la multitude qui ne connaîtrait que le passé et la perspective d’un futur se fondant sur lui?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mardi 9 octobre 2007
AUM serait la syllabe sacrée, peut-être la première parole de l'homme et le symbole de son accession à l'humanité (d'où il est trop souvent redescendu, mais cela est une autre histoire).
Les lèvres s’écartent sur un O qui, mieux que tout autre son, exprime l'étonnement (cet étonnement qui, aux premiers temps, fut sans doute ravissement mystique).
Et pour conclure esthétiquement, avec gratitude, ce ravissement, essayez vous-même: c'est le M qui est le plus approprié. Essayez le K: horrible (le OK de la décadence)! Essayez le N: il demande effort dans la bouche. Seul le M vient naturellement, joliment, mystiquement: il termine à merveille l'extase exprimée, il fond bien en bouche…
par Marc publié dans : yoga
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Lundi 8 octobre 2007
Les uns sont sous la coupe de ce que Schopenhauer appelait le génie de l’espèce à l’œuvre dans la sexualité, les autres se disent disciples de Shiva, le destructeur du mental.
Les premiers, pour la plupart, ne voient rien à redire à ce que le monde de souffrance perdure. Ils y contribuent d’ailleurs.
Les seconds s’insurgent contre la création. Ils veulent comprendre. Ils veulent même arrêter tout, pour eux-mêmes du moins.
Cela dit, même la pratique érémitique de la méditation ne permettrait pas de prendre un recul total. C’est en tout cas ce que me disait Swami Girijananda* dans son kutia au bord du Gange, assez loin en amont d’Uttarkashi, ville qu’il évitait pour n’avoir pas à croiser ce qu’il appelait avec une candeur délicieuse des « ladies ».
N’y aurait-t-il pas de quoi être désespéré de n’avoir jamais le dernier mot avec ce génie qui prend un malin plaisir à nous ravaler au rang du mammifère en rut?




*: « - Moi-même je n’ai jamais compris pourquoi le créateur n’a jamais daigné me mettre à l’abri de mon instinct. 

C’était dire avec élégance que le sexe était encore, même à l’âge vénérable qui était le sien, un sérieux problème, un obstacle sur le chemin du détachement et de la plénitude. Je fus très surpris de sa confession, je dois dire, et cet aveu d’impuissance c’est peut-être ce que je garderai toujours en mémoire de mes visites à Swamiji, même dans mes vieux jours - si Shiva des montagnes me prête longue vie en ce corps -, quand l’Inde ne sera plus qu’un épisode lointain de mes années vagabondes. »

(Marc Delforge, L’autre rive de nulle part, Editions Dricot, 2000, p. 86)
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Dimanche 7 octobre 2007

L’année dernière, c’était le 9 octobre. Cette année, c’est encore un peu plus tôt, hier en fait.
Le 6 octobre correspond au jour (ecological debt day) où l’humanité a épuisé la production de ressources naturelles de la Terre pour 2007. Elle en entame désormais le capital et sa biocapacité. Depuis ce dimanche, c’est terminé, nous vivons à crédit dans notre maison et quoi qu’on en dise, nous n’avons pas la moindre intention de rembourser jamais nos dettes.
Plus mal barré que ça tu meurs!

par Marc publié dans : actualité
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Dimanche 7 octobre 2007
4/5
Méditer, est-ce apprendre à apprendre à apprendre à apprendre à… jusqu’à l’infini ou jusqu’à réaliser que l’on ne sait rien?




5/5
Méditer, est-ce, ayant réalisé que l’on ne sait rien et que ce sera toujours nécessairement le cas, s’en contenter ou poursuivre quand même sa quête?

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Samedi 6 octobre 2007
2/5
Méditer, est-ce apprendre ou apprendre à apprendre?




3/5
Méditer, est-ce apprendre à apprendre ou apprendre à apprendre à apprendre à apprendre à… ?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Vendredi 5 octobre 2007
1/5
Aucune école ne serait plus importante que celle de la méditation.
Malheureusement, pour un étudiant potentiel il y aurait peu à attendre d’un instructeur qui penserait que la méditation s’apprend. Infatué, orgueilleux, prétentieux, vaniteux, suffisant!
De même, pour un instructeur il y aurait peu à attendre d’un élève qui viendrait le voir avec l’idée d’apprendre à méditer. Soumis, docile,  influençable, mou, crédule!
Dans ce domaine très particulier, le « professeur » serait élève tout au plus et l’élève, son propre professeur. Le premier apprendrait que méditer ne s’apprend pas; le second, que méditer apprend. Ou l’inverse?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 4 octobre 2007

2/2
Notre mental devrait enfin comprendre qu’il n’y a pas de mental.  

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Jeudi 4 octobre 2007

1/2
Ne pas nettoyer le miroir (comme Shen-hsiu), mais casser la vitre (comme Hui-neng)*.




*: Hui-neng, le sixième patriarche du bouddhisme, avait raison, me semble-t-il. Cette fulgurance lui doit beaucoup. Pour ceux qui réservent leur opinion sur ce point, voici de quoi étoffer (étouffer, diront certains) leur réflexion:
1) D’abord relire ce billet précédent et éventuellement ses très instructifs commentaires.
2) Ce dilemne est fort important pour le méditant: le chemin de l’éveil au réel est-il celui de l’effort, de « l’être-Soi » ou du « non effort »?
Effort :
Le maître Shen-hsiu (école dite du Nord ou encore du « faire quelque chose ») enseignait que la triple discipline (un concept dont il était l’inventeur) était faite de précepte (sila), de méditation (dhyana) et de connaissance transcendantale (prajna). Pour lui, le précepte consistait à ne pas faire de mal; la connaissance, à faire tout ce qui est bon et la méditation, à purifier le mental.
Être-Soi :
Hui-neng  répondit à Chi-ch'eng (un disciple de Shen-hsiu) qui lui expliquait ce qui précède que le Mental (considéré par lui comme « Soi-être ») était exempt de toute impureté, et que chaque pensée en réalité était donc de l'ordre de la connaissance transcendantale. Il ajouta qu’on était éveillé à ce « Soi-être » de façon abrupte et qu’il n’y avait rien de tel qu’une réalisation graduelle. (D’où la suggestion dans la fulgurance introductive de casser la vitre plutôt que de l'épousseter.)
Non-effort :
D. T. Suzuki mentionne aussi une troisième conception ou école (dite du « non effort ») qui interprétait la triple discipline de la façon suivante: « Quand les pensées fausses ne viennent pas, c’est le précepte; quand les pensées fausses n’adviennent plus, c’est la méditation; quand la non-existence des pensées fausses est perçue, c’est la connaissance transcendantale. »
Tout ceci est fortement résumé. Je me suis inspiré essentiellement de l’ouvrage de D. T. Suzuki The Zen Doctrine of No-Mind (Rider & Company, London, 1969), pour détailler cette fulgurance concise et par trop sibylline.

par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Mercredi 3 octobre 2007

Certaines méditations (dhyana et ses dérivés, vipassana, zazen, etc…) se caractérisent avant tout par l'immobilité en position assise.
Elles seraient est la meilleure approximation de l'état d'inertie, la revanche sur l'anxiété, même diffuse, qui caractérise tout mouvement, toute forme d'agitation - et l'on voit bien pourquoi ce dernier terme a souvent une connotation péjorative. Dans cette immobilité, nous remarquons l'inévitabilité respiratoire et tout le mystère qu'elle soulève.
Cette constatation du corps respiré qui disjoint l’organisme pour un temps de la matérialité* est à la fois un aspect de la méditation et une de ses possibles définitions.




*: Plus exactement: d'une matérialité plus inerte, moins habitée de vie.

par Marc publié dans : yoga
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Mardi 2 octobre 2007
Le Bouddha fut l’un des premiers à dire le monde comme il est: souffrance. Schopenhauer, Cioran et bien d’autres ont abondé dans son sens.
On pensera ce qu’on veut des solutions (un chemin octuple) que le premier proposait pour vaincre cette souffrance; mais ce qui gêne certains, c’est qu’il semble qu’il était impossible de lui faire proférer un seul mot sur le pourquoi de son désolant constat. Ce sujet, apparemment, ne l’intéressait pas vraiment. Il vous répondait d’un sourire.
Or, si nous sommes dans un navire qui coule, il est peut-être important de se diriger en bon ordre vers les barques de sauvetage... s'il y en a. Mais en chemin, pourquoi ne pas chercher à savoir qui est ce … de capitaine, s’il y en a un, qui nous a fait percuter l'iceberg; chercher à savoir aussi qui nous a mis de force dans ce bateau dont le naufrage était inéluctable et pour quelle raison. Il semble que, si au bout d'une coursive, nous trouvions enfin un canot et qu'il y ait une place pour nous, nous ne pourrions y monter, l'âme en paix, qu'à condition de connaître les réponses à ces questions. Sinon, c'est encore insatisfaits que nous quitterions le Titanic de nos vies.
« Merci pour vos directives de sauvetage mais franchement, n'avons-nous reçu un cerveau que pour fuir? »
Quelqu'un a t-il eu l'audace de dire cela au Bouddha?
par Marc publié dans : de choses et d'autres...
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Lundi 1 octobre 2007
Cela fait déjà une semaine que Dorine et André Gorz nous ont quittés mais je vous en dis deux mots - qui suis-je pour en faire plus ? - seulement aujourd’hui, revenant de quelques jours loin de tout clavier.
A sa sortie, j’avais trouvé la Lettre à D d’André Gorz particulièrement émouvante (Galilée, Paris, 2006). Je l’avais même donnée à lire à une autre D. La conclusion de cette Histoire d’un amour résume bien son propos: « Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble. »
Si, par impossible: ne voilà-t-il pas le plus fort mantra de la mort et de l’amour?
André Gorz fut un des plus avisés dénonciateurs de l’aliénation capitaliste et un philosophe au sens noble du terme, c’est-à-dire un homme tout simplement lucide. Sa femme et lui ont quitté leur corps résolument, main dans la main sans doute, comme Arthur Koestler et Cynthia*, comme d’autres encore qui se sont respectés** et qui nous manquent pour nous expliquer le monde et son fourvoiement.
« Leur geste me touche », nous confie Régis Debray, lors d’une visite à un journal bruxellois***: « C’est un geste philosophique: à la fois stoïcien, par son courage, et épicurien, par son athéisme. » Tout est dit là, pour lui rendre hommage, et bien mieux, à mon humble avis, que dans le Nouvel Observateur dont Gorz fut un des fondateurs (les hommages de Julliard et Daniel ne sont même pas repris au sommaire du numéro, il faut attendre la page 70).


Le Nouvel Observateur, qui tout en restant un des meilleurs hebdomadaires de France n’est manifestement plus ce qu’il était, la preuve encore par son sujet de couverture sur le cancer, cette semaine. Du déjà entendu, pour tout dire, et il y a longtemps, du temps des balbutiements du nombriliste "nouvel âge". (Le passage intitulé Méditer pour se ressourcer, p. 26, est particulièrement significatif de ce que l’on peut faire de plus bateau sur le sujet. Mais voilà, on parle si peu de méditation dans la presse popu d’aujourd’hui, que je me devais de vous avertir.)

C’était la triste actualité de la semaine écoulée, chers amis. Je répondrai à vos commentaires écrits durant cette période le plus tôt possible.




*: Le premier mars 1983
**: «L’homme qui se respecte quitte la vie quand il veut; les braves gens attendent tous, comme au bistrot, qu’on les mette à la porte.» (Ladislav Klima dans « Sagesse du nihilisme », article du Monde du 07/06/1991)
***: Le Soir du 26/09/07

par Marc publié dans : actualité
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fulgurances

La méditation nous laisse parfois devant cette douloureuse alternative: ou la poursuivre en laissant s’envoler ces fulgurances qui nous viennent parfois comme autant d’exutoires d’un esprit en phase d’évidement, ou l’interrompre et tenter de les figer par la plume, elles qui, comme les rêves, demandent d’être saisies au plus tôt, quitte alors à mettre fin à l’état de grâce dans lequel elles sont nées. J’ignore pourquoi, mais j’ai toujours fait ce second choix.

Les notes étaient hâtivement jetées dans ces carnets à spirales qui ne me quittent jamais depuis la pénombre de l’aube, assis dans le grand silence du monde, jusqu’aux réveils nocturnes ponctués de « Mais oui, bien sûr ! ». Plus rarement, c’était en plein jour qu’elles naissaient. Toujours, il y avait cette succulence étrange…

Ces fulgurances se sont accumulées au fil des ans. En voici le résultat, saupoudré au jour le jour (avec parfois une fulgurance du jour même); une partie du résultat, faudrait-il plutôt dire, car n’ont été sélectionnées pour ce blog que celles qui gravitent - sur de très larges orbites, c’est entendu - autour du thème de la … méditation.


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