Pour ce devoir de vacances d’automne, considérez d’abord, chers amis, ces réflexions glanées au fil de lectures:
« Un observateur impartial venu d’une planète plus évoluée, et qui d’un coup d’œil considèrerait cette histoire [de l’homo sapiens] de Cro-Magnon à Auschwitz, conclurait
sans nul doute que notre espèce est un produit biologique admirable à certains égards, mais dans l’ensemble profondément morbide, et que les conséquences de sa maladie mentale l’emportent de
beaucoup sur ses réussites culturelles s’il s’agit d’évaluer ses chances de survie. »
(Arthur Koestler, Janus, Calmann-Lévy, 1979, p.15)
« Dans « Tout change parce que rien ne change », il [J. F. Kahn] bouleverse les idées reçues que nous caressions il n'y a guère encore à propos de la notion de
progrès. Il faut dire qu'elle en prend un coup, ces temps-ci. La moindre allusion à des lendemains qui pourraient encore chanter se heurte à l'incrédulité et à l'hilarité générales. Qu'il puisse
y avoir un sens à l'histoire laisse sceptique le plus confiant. »
(Jacques De Decker, le Soir du 27/07/1994)
« Par ailleurs, évidemment que dans les années 80, on savait que c’était bien parti pour ne pas s’arranger. Mais il y avait encore
des gens qui pouvaient croire le contraire, alors qu’aujourd’hui, il faut être balaise en optimisme pour imaginer que les décennies à venir vont être pimpantes. »
(Interview de Virginie Despentes par Philippe Manche, le Soir du 14 & 15/08/2007)
« A travers une modeste peinture accrochée à côté, où un triste cabot se laisse submerger par la pluie, l’artiste rappelle ce que l’on voudrait oublier: décidément il
fait un temps de chien. Un temps à ne pas mettre une utopie dehors. Ce monde qui semble étourdiment s’élancer vers sa fin, Ardouvin sait merveilleusement en cristalliser le dernier souffle ;
[…] »
(Article du Monde du 27/10/2007 d’Emmanuelle Lequeux sur l’artiste Pierre Ardouvin)
Et vous, qu’ajouteriez-vous à ce florilège? Que pensez-vous du pessimisme de l’époque?
Mais surtout, surtout, pour vous qui n’ignorez pas que tout est mental - « Une chose dont on ne parle pas n'a jamais existé », disait a contrario Oscar Wilde -, le
fait que l’on suggère de plus en plus ouvertement qu’est venu le temps de la fin de l’homme, qu’implique-t-il? Les pensées que nous émettons se matérialisent-elles toujours quelque part, comme le
pense le poète Julos Beaucarne? Sommes-nous descendus en enfer parce que, comme Rimbaud, nous nous y croyons (et chacun sait que l’on ne sort pas de l’enfer)? Et que penser de l’observation
d’Eliphas Levi « Nous voudrions faire observer que tout ce qui porte un nom existe; on peut prononcer des paroles en vain, mais ces paroles en elles-mêmes ne sauraient
être vaines, et le langage a toujours un sens » si ce nom prononcé est fin - notre fin, par notre faute?
S’agissant d’un devoir de vacances, vous avez quinze bons jours pour affûter vos réflexions et éclairer notre - dernière ? - lanterne…
vous avez dit: